Justin Nozuka en interview : il nous parle de son étonnant nouvel album

C'est un virage musical étonnant que prend Justin Nozuka, qui nous avait habitués à des morceaux rythmés et plutôt formatés pour le grand public. A 25 ans, le chanteur canadien nous propose un album intimiste, minimaliste, presque religieux. Les guitares vives de « Criminal » ne sont plus qu'un lointain souvenir. Avec Ulysees, Justin Nozuka va à l'essentiel, à ce qu'il reste lorsqu'une chanson est dépouillée du superflu, libérée de ses contraintes pop. Un choix artistique audacieux, sur lequel j'ai pu l'interroger, quelques heures avant son concert à la Maroquinerie, le 9 avril 2014.

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Comment décririez-vous en quelques mots votre album ?

Je dirai en quelques mots qu'Ulysees est spontané, doux et minimaliste.

Pourquoi ce virage musical ?

C'est un album représentatif de ce que je suis artistiquement, un genre dans lequel je me sens plus à l'aise, qui me ressemble. Voilà pourquoi j'ai choisi d'évoluer vers quelque chose de plus intimiste.

On a l'impression d'un album contemplatif et ça se confirme dans le clip de Right by you, où la nature est mise à l'honneur. Pourquoi ce choix ?

Car cela permet un imaginaire que j'aime beaucoup. Puis les images de la nature rentrent dans la notion de minimalisme, de simplicité.

Vous n'apparaissez ni sur la pochette de votre album ni dans le clip du titre "Right by you". Une raison à cela ?

J'étais plus à l'aise en n'apparaissant pas, pour donner plus de puissance à la création qu'à mon image. De plus, l'album me ressemble déjà en lui-même beaucoup...

Justin Nozuka en interview : il nous parle de son étonnant nouvel album

D'où vient le titre de l'album, Ulysees ?

C'est un mot que j'ai inventé, qui n'a pas de sens particulier. Mais j'aimais la sonorité et ce à quoi il pouvait renvoyer.

De quoi vous êtes vous nourris pour créer cet album ? De voyages, de cinéma, d'une histoire d'amour ?

J'ai été inspiré par les gens avec qui je passe beaucoup de temps, notamment deux grands amis, qui m'ont beaucoup conseillé. C'est d'ailleurs un de ces amis qui m'a amené vers la production, et qui a beaucoup influencé le processus de création. Les studios Ghibli (studio d'animation japonais, produisant des dessins animés) ont été aussi d'une grande inspiration pour moi, ainsi que le film de Terrence Malick, The Tree of life. La musique m'a aussi nourri, et notamment celle du pianiste russe Sviatoslav Richter.

Vous avez autoproduit Ulysees, qu'est-ce que cela a changé pour vous ?

Grâce à l'autoproduction, j'ai pu davantage exprimer ma créativité, plus librement. Cela permet une totale liberté, et d'exprimer beaucoup de choses. J'ai pu ainsi également passer tout le temps nécessaire pour la création de mon album.

Combien de temps avez-vous travaillé pour atteindre ce que vous désiriez ?

J'ai mis trois ans à créer Ulysees. J'ai déjà du apprendre à produire, ce qui m'a pris environ un an déjà, puis certaines chansons m'ont demandé presque autant de temps...Certaines prenaient très longtemps, d'autres ont été beaucoup plus intuitives. On ne contrôle pas tout. En tout cas, il fallait le temps d'être à l'aise...

Vous jouez ce soir à la Maroquinerie à Paris, quel souvenir en avez-vous ?

J'ai déjà joué à Paris, à la Maroquinerie, il y a 5 ans ! L'ambiance y est très sympa

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