[ITW] Nour Harkati, l'artiste folk tunisien à découvrir
Je suis toujours curieuse de découvrir le parcours d'artistes, surtout lorsque celui-ci est emprunt de voyages, de belles rencontres et d'originalité. L'auteur compositeur interprète que j'ai rencontré la semaine dernière peut se vanter d'avoir ce type de parcours : jeune Tunisien de 26 ans, Nour Harkati a baigné dans la musique traditionnelle tunisienne avant de choisir de s'épanouir dans la pop folk et de poser ses valises en France. Dive, son premier album sort le 3 novembre prochain, et c'est un jeune homme ouvert aux autres et enthousiaste que j'ai rencontré pour en savoir plus !

Ton album s'appelle « Dive », pourquoi ce titre ?

"Dive" signifie « plonge » en anglais. ça parle de mon expérience, quand j'ai quitté mes études en Tunisie pour ne faire que de la musique. J'ai arrêté en 2010 et en 2011 je suis venu en France. L'album parle de cette prise de risque, d'où l'idée de plonger.

En quelques mots, comment présenterais-tu ton album ?

Il y a un côté authentique car il raconte de vraies histoires que j'ai vécues. Il compte beaucoup pour moi car c'est mon premier album, donc c'est ma première carte de visite !

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Quels sujets abordes-tu dans Dive ?

Il parle de mon expérience, il y a une chanson, qui parle d'un SDF que j'ai rencontré dans la rue, je l'ai sous-estimé et après avoir parlé longtemps, j'ai découvert que c'était quelqu'un de profond et de très cultivé. Deep water parle du fait que je me suis senti etouffé en arrivant à Paris car j'ai senti une certaine concurrence dans la musique, que je n'avais jamais connue.

Combien de temps a duré la création de l'album ?

On a mis deux ans pour le créer, l'enregistrer etc...C'est autoproduit avec mon label Send the wood de Montpellier. C'est grâce à eux que j'ai enregistré l'album et ils m'ont dit de faire ce que je voulais ! Personne ne m'a imposé un style. J'écris les paroles et compose les mélodies, et ensuite mes musiciens m'apportent leurs idées...

Comment se fait-on connaître quand on est un jeune chanteur tunisien ?

J'ai fait le festival jazz à Carthage en Tunisie, on nous a invités à jouer avec mes deux musiciens, Mathieu le Français au piano, et Benjamin le Canadien à la batterie. A Paris, j'ai démarré en faisant plein de petits bars, j'ai créé un petit réseau. Je voulais pas suivre le chemin des émissions comme The Voice etc. Je préférais jouer dans la rue, les petits bars, régulièrement pour que les gens me voient souvent. J'ai déjà chanté dans la rue avec des gens que je ne connaissais pas du tout ! Ça permet de connaître plus de monde. Tu n'as pas le choix, tu dois frapper aux portes et t'imposer un peu dans les grandes villes. C'est rare que tu puisses réussir sinon ! Il y a peu j'ai joué à la Cigale en première partie de Kodaline.

Comment te sens-tu à quelques jours de la sortie de l'album ?

A quelques jours de la sortie, c'est excitant, un peu stressant aussi. On a eu des bons retours, dans des articles, mais l'essentiel c'est le public ! À la Cigale, il y a eu de bons retours après ma première partie.

Quelles ont été vos influences ?

Je viens d'une famille musicienne. Ma mère est chanteuse de musique traditionnelle tunisienne et mon père était violoniste. C'est grâce à ça que je suis dans la musique. Au fur et à mesure, j'ai découvert des chanteurs occidentaux, américains, européens. Naturellement, je me suis retrouvé à chanter en anglais avec des amis. Mais peut être que dans deux ou trois ans, je chanterai en arabe ! Au début, mes influences étaient Justin Nozuka, Ben Harper, Jack Johnson, Radiohead, mais ça c'était au début. Ensuite j'ai découvert d'autres artistes comme Bonobo, James Blake...

L'album sort aussi en Scandinavie...

Oui il est sorti le 13 octobre en Scandinavie, car Universal s'est intéressé à l'album. J'y suis allé deux fois pour des concerts et ce que je fais comme musique semble intéresser là-bas.

Sur scène, ça donne quoi ?

Parfois je suis avec mes musiciens comme à Jazz à Carthage, mais je fais aussi des fois des concerts seul, avec juste ma voix et ma guitare.

Ton album est très acoustique. Pourquoi ce choix ?

Sur l'album, il y a deux ou trois titres en acoustique, mais tout le reste il y a des arrangements de piano, de voix, mais ça reste pop folk. Je voulais pas faire de choses trop compliquées, je voulais faire quelque chose de simple pour le premier album pour pouvoir évoluer pour les prochains !

Cela veut dire que tu as déjà des idées pour le prochain ?

J'ai commencé à créer des petites mélodies pour le prochain album ! Des mélodies plus minimalistes, avec des sujets plus matures. Je vais parler des choses que j'ai vécues en Europe, de sujets qui touchent l'humanitaire...

Dive de Nour Harkati

Sortie le 3 novembre 2014

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