[Critique] Les Saisons, le nouveau film de Jacques Perrin

Vous connaissez surement le style Jacques Perrin, réalisateur du Peuple migrateur et d'Océans. Dans Les Saisons, son nouveau documentaire co-réalisé avec Jacques Cluzaud, on retrouve tous les ingrédients qui font sa "patte" : de magnifiques prises de vue d'animaux en mouvement, des caméras placées à la hauteur de l'espèce filmée pour un contact direct, peu de paroles et bien sûr un discours écolo.

Ici, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud s'intéressent à l'évolution de la forêt européenne et ses habitants, soit 20 000 ans d'histoire naturelle perturbée par la valse des saisons mais aussi la main de l'Homme. Pour ce faire, ils ont fait le choix de suivre un nombre d'espèces incalculable, qu'ils sont parvenus à trouver et pister dans différentes forêts européennes. Chevaux sauvages, ours, biches, bisons, loups, grenouilles, écureuils et bien d'autres, se partagent l'affiche, comme ils se partageaient la forêt il y a des quelques milliers d'années.

Il faut un peu de temps pour s'habituer à l'aspect "reconstitution historique" du documentaire, d'autant plus qu'il est parfois mêlé à de la fiction. Car si les réalisateurs n'ont pas utilisé d'effets spéciaux, ils ont inséré de minuscules bribes d'histoires animalières, en guise souvent de clins d'œil humoristiques. Le mélange est étonnant, voire un peu étrange.

La première heure du film est à couper le souffle tant les images et les sons (naturels) sont prenants. C'est dans les moments de courses folles et de bagarres, notamment d'ours et de chevaux, que les prises de vue se révèlent vraiment extraordinaires, à en donner des frissons.

Scène marquante du film, la course de loups et de chevaux, filmée comme le reste avec le point de vue des animaux, est une vraie prouesse technique. Pour la captation, l'équipe a utilisé un prototype de véhicule type quad, suffisamment souple pour pouvoir se caler sur le rythme des animaux et surmonter les obstacles de la forêt.

Une fois la première heure passée, on peut être gêné par le côté "catalogue" de la succession d'espèces, dont certaines sont moins spectaculaires que d'autres. Mais même lorsque l'on décroche un peu, les images et les sons continuent de nous faire du bien, et parfois de nous amuser. Finalement, on en ressort apaisé, notre curiosité rassasiée, mais il faut bien le dire, un peu culpabilisé. Mais ouf, on échappe de justesse à une morale écologiste plombante qui viendrait tout gâcher !

Sortie le 27 janvier 2016

Retour à l'accueil