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Les Bottines Rouges

Lieux charmants ou insolites à Paris... ou ailleurs

[Critique] Demolition de Jean-Marc Vallée

[Critique] Demolition de Jean-Marc Vallée

Chacun traverse le deuil à sa manière, et personne ne doit juger ses propres réactions face à cette épreuve, c'est un peu la morale de fond de cette histoire. En ce domaine, Davis ne fait rien comme tout le monde : alors que tous pleurent la mort brutale de sa femme, lui ne ressent rien. Impossible pour lui de laisser couler ses larmes, au point qu'il finit par penser qu'il n'aimait pas son épouse. Une absence de réaction, pas si rare, et souvent source de culpabilité, qu'il est rassurant de voir traitée dans un film.

Car vous vous en doutez, il s'agit ici d'un blocage d'émotions, et non d'un manque d'humanité. Sa femme le lui reprochait de son vivant : Davis ne fait attention à rien et n'écoute personne, tant il a le "nez dans le guidon". Banquier d'affaires brillant, il est en mode "warrior", et ne se laisse émouvoir par rien ni personne.

Pour renouer avec sa sensibilité, et donc son humanité, l'homme va devoir passer par une phase étrange après le décès de sa femme : la démolition de tout ce qui l'entoure. Tout ce qu'il a construit sans y mettre une once d'âme va être démonté, dépecé, brisé. Mais ce désir de démolition obsessionnel cache en réalité davantage une volonté de reconstruction. La métaphore est belle : lors d'un deuil, il faut accepter ses démons, et parfois de toucher le fond, avant d'avancer, semble dire le film.

Dave, en compagnie de Karen

Dave, en compagnie de Karen

Le propos est intéressant, philosophique. Mais la forme est à mon sens moins jolie. En effet, le film est un peu froid et il est malheureusement un peu difficile de s'attacher réellement aux personnages. Avec un tel thème, j'aurais aimé sentir davantage le personnage renouer avec sa sensibilité, pouvoir un peu plus me projeter dans l'histoire. De plus, le côté systématique des scènes de destruction alourdit un peu l'ensemble. A la place de cette démonstration de force, j'aurais aimé que la relation de Davis avec Karen (Naomi Watts), la responsable d'un service client avec lequel il entretient une correspondance, soit plus approfondie. C'est à son contact, et à celui du fils adolescent de cette dernière que Davis se laisse réellement aller. Il s'en suit une relation vraiment intéressante entre eux, puisqu'inqualifiable, mas malheureusement pas assez exploitée à mes yeux...

Démolition, de Jean-Marc Vallée

Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts

Sortie le 6 avril 2016

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À propos

Bottines

Lilloise d'origine, rédactrice freelance passionnée, amoureuse de Paris, ses lumières, ses hôtels et sa vie culturelle, mais lui faisant de plus en plus d'infidélités les week end pour des découvertes en région ! En quête de bonnes énergies, de belles choses, d'insolite et d'une pincée de magie.
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Aurore 06/04/2016 13:42

J'ai lu ton avis en diagonal car je vais voir le film ce soir. J'en attends beaucoup car j'ai adoré les films de J.M Vallée. Mais j'avais été déçue par "Wild" ... d'où mon attente sur celui-ci.

bottines 06/04/2016 21:22

Bonne séance ce soir !