Un été 44, c'est le nom du spectacle dont tout le monde parlera à la rentrée. Sur le thème de la Seconde Guerre Mondiale, et plus précisément sur la période allant du Débarquement à la Libération de Paris, il réunira sur scène six chanteurs, dont certains ne sont pas inconnus au bataillon. Curieuse d'en savoir plus sur ce spectacle événément, je suis allée interviewer le producteur Valéry Zeitoun, pas plus tard que lundi !

Bonjour Valéry, spectacle musical, comédie musicale ? Quels termes mettez-vous derrière cette production et pourquoi ?

C'est un spectacle car nous n'avons pas de danseurs, le thème ne s'y prête pas et puis je ne suis pas fan des danseurs perruqués et aussi car il y a des musiciens en live sur scène, contrairement aux comédies musicales !

Le spectacle parle de la période allant du débarquement à la libération. Pourquoi ce thème ?

L'idée vient au départ de l'un des auteurs compositeurs qui s'appelle Sylvain Lebel qui est né à Caen et dont le père était instituteur pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un jour, ce dernier croise des soldats alliés en sortant de son abri, et c'était des québecois. Donc Sylvain a écrit la première chanson qui est un hommage aux Québecois qui ont eux aussi payé un lourd tribu face aux allemands. C'est cette chanson qui lui a donné l'idée de faire un spectacle sur cette période. De là, il a rencontré l'auteur compositeur Erick Benzi qui a écrit le premier single sur le débarquement, qui s'appelle Passer la nuit. Puis Erick en a parlé à Jean-Jacques Goldman qui a écrit une chanson hommage etc, puis ça a fait boule de neige entre les auteurs compositeurs !

[Interview] Un été 44 : Valery Zeitoun présente son spectacle musical sur la fin de la guerre

Lorsqu'on s'empare d'un thème comme celui-ci, on se doit d'être précis et fidèle à la réalité. Comment fait-on ?

On va voir les gens dont c'est le métier ! Nous avons la chance en France d'avoir le Mémorial de Caen, qui est le musée le plus complet sur cette période là. Le directeur Stéphane Grimaldi fait figure de spécialiste mondial sur la période. Il a lu les textes du spectacle avec ses équipes pour qu'on ne dise pas de bétises. Car souvent on a des images d'Epinal sur des périodes, et on se rend compte que c'est faux !

Avez-vous appris des choses en travaillant sur ce sujet ?

Oula oui ! Quand j'étais à l'école, c'était ma matière préférée et j'attendais ça avec grande impatience. Je pensais connaître cette période, mais j'ai dû pour le spectacle me replonger dedans car il y a des tas d'histoires que je ne connaissais pas, notamment le commando des marins pêcheurs Kieffer ou l'histoire des Rochambelles avec Florence Conrad, qui est une histoire incroyable : cette américaine vivant en France voulait participer à l'effort de guerre. Elle achète 19 voitures qu'elle transforme en ambulances et demande à ses meilleures copines de devenir infirmière comme elle. Elles étaient 38 infirmières à donner les premiers secours ! Elles ont été confrontées à beaucoup de machisme, mais elles ont aidé à la libération. Pour moi ce sont un peu les premières féministes sans le savoir ! Les Rochambelles sont très connues en Normandie, mais pas du tout dans le reste de la France, je trouvais ça injuste !

Aznavour, Chamfort, Duteuil, Goldman, Le Forestier etc, comment avez-vous convaincu de tels grands noms de la chanson ?

Tout est parti des artistes entre eux. Sylvain Lebel a eu Charles Aznavour, puis ils ont appelé Maxime Leforestier, qui a fait une chanson qui s'appelle Juste etc. C'est un spectacle d'artistes et pas un spectacle de producteur ! Cela prouve que cette thématique là intéresse beaucoup d'artistes qui sont très différents les uns des autres. Charles Aznavour a vécu cette période, d'autres ne l'ont pas vécue. Mais on a tous un rapport familial ou filial avec cette période. Tout cela a beaucoup marqué les Français.

[Interview] Un été 44 : Valery Zeitoun présente son spectacle musical sur la fin de la guerre

Les artistes qui ont participé ont tous une longue carrière derrière eux, est ce que cela signifie que le spectacle s'adresse plus à un public adulte, et moins aux jeunes ?

Si, car les interprètes sont tous jeunes. Le plus jeune a 17 ans et le plus vieux 29 ans. Ce spectacle s'adresse à tout le monde. Peut être que ceux qui vont venir en premier seront ceux qui auront été les plus proches de cette période, mais je pense aussi que mes quatre enfants (qui ont de 8 à 20 ans), vont apprécier le spectacle. Mon dernier de 8 ans adore le single Passer la nuit, mais je ne suis pas sûr qu'il comprenne de quoi on parle. Il le vit juste comme un single super. Par contre les trois plus grands ont commencé à poser des questions sur leur propre histoire, celle de mon grand-père. On a tous un rapport avec cette période !

Pourquoi avoir choisi de lancer le spectacle maintenant ?

J'ai des copains producteurs qui n'y croient pas, qui me disent que j'arrive deux ans après les commémorations etc.Mais ça s'est fait là naturellement, car il y a une somme de gens qui se sont rencontrés à ce moment là. Cela fait un an que l'on travaille dessus tous ensemble !

Comment s'est passé le casting ?

On n'a pas fait appel à une boîte de casting, car je trouve qu'on est aujourd"hui dans un formatage. Nous on voulait des gens aux parcours différents. On a fait un truc un peu sur mesure. C'est Erick Benzi qui a fait le casting, mais j'ai trouvé Alice Raucoules (Star Académy, Dreams), qui m'a séduit par sa sensibilité. Barbara Pravi a une présence top, Sarah-Lane Roberts a un vrai truc comédie musicale, Nicolas Laurent a 17 ans et il joue du piano comme un dieu ! Tomislav Matosin et Philippe Krier sont un peu plus rock. Et surtout, on a affaire à des artistes qui ont conscience de ce dont ils vont parler et qui sont au service du projet. Ils sont partie prenante, ça leur plait, ils sont convaincus de leur présence.

Vous parlez moins de la guerre que de la liberté, du renouveau, est-ce un spectacle enjoué ?

Bien sûr ! La France a été occupée pendant quatre ans dans des conditions terribles. La guerre c'est toute une série de privations, d'humiliations, et il se passe dans le monde des choses équivalentes aujourd'hui. Il ne faut pas l'oublier. Mais dans le spectacle, on parle de l'arrivée de la société de consommation, le Coca cola, les bas, les barres chocolatées, le jazz etc. Cette période était la découverte d'une nouvelle culture, d'un nouvel art de vivre. La mode aussi etait incroyable ! Dans les années 40 dans les villes, les femmes étaient très bien habillées. C'était les prémices des Trente Glorieuses et d'une période de créativité totale.

Les chansons du spectacle seront à cette image ?

Il y a autant de chansons tristes que de chansons gaies dans le spectacle. La chanson des Rochambelles est aussi très gaie. On n'est pas là pour donner une leçon d'histoire mais pour faire passer un bon moment aux spectateurs.

Y aura-t-il des romances ?

Il y aura deux histoires d'amour ! Tout simplement parce qu'il y a eu des histoires d'amour dans cette période là, y compris entre des Françaises et des Allemands ! Mais je n'en dirai pas plus...

La billetterie est ouverte pour le spectacle. A quoi doit-on s'attendre sur scène ?

Il y aura des décors, des projections video, des costumes... On a une vision avec le metteur en scène...On a pris un point de repère qui est le film de Robert Enrico Le Vieux fusil avec Romy Schneider, au niveau de l'ambiance. Regardez-le car dans ce film il y a l'une des plus belles scènes de rencontre de toute l'histoire du cinéma !

Un été 44

Au Comedia à Paris dès le 4 novembre 2016

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