[Critique] Casablancas, l'homme qui aimait les femmes

Pour qui s'intéresse un tant soit peu à l'univers de la mode, ou au moins aux destins des personnalités qui ont marqué notre société, ce film documentaire est riche d'enseignements. Casablancas est l'homme qui a créé dans les années 70 Elite, première agence de mannequins à avoir voulu faire de ses modèles de vraies célébrités. Une idée qui l'a menée au succès, grâce à un plan marketing très bien ficelé et au flair et au toupet de son patron, qui a découvert Cindy Crawford, Linda Evangelista et "volé" Naomi Campbell à une agence concurrente. Il était un dénicheur de "visages", qui accordait une importance particulière à la personnalité et au potentiel inexploité, et qui pouvait se laisser séduire par une belle vitalité.

[Critique] Casablancas, l'homme qui aimait les femmes

Tout n'a pourtant pas toujours souri à John Casablancas, qui, en voix off, raconte ses moments d'égarement avec simplicité et transparence. Voilà qui donnerait du baume au coeur à n'importe quel businessman : en affaires, il est toujours possible de rebondir si l'on sait un tant soit peu s'entourer, persévérer, et surtout, avoir des idées innovantes. Les fameuses t-shirts parties par exemple, où tous les mannequins de l'agence s'encanaillaient, vêtus uniquement d'un t-shirt blanc estampillé "Elite". Des soirées, fréquentées par les journalistes et photographes, qui ne faisaient que mystifier un peu davantage ces modèles-stars et l'agence qui les représentait. Ou le choix (douteux ?) du logo de l'agence, qui représente en réalité un pénis... Personnellement je raffole de ces petites anecdotes et le documentaire n'en manque pas, même sur la vie sentimentale houleuse du principal intéressé !

[Critique] Casablancas, l'homme qui aimait les femmes

Vous l'aurez compris, j'ai trouvé le documentaire assez passionnant dans son propos. Mais je dois avouer que sa forme m'a un peu plus décontenancée. Très bien documenté, il est illustré avec beaucoup d'images d'archives, qui apportent un vrai complément d'information. Mais illustrer des anecdotes de la vie privée de Casablancas avec de telles vidéos n'a semble-t-il pas toujours été possible. Il a alors fallu ruser, et c'est avec des dessins animés que ces "blancs" ont été comblés. Le mélange des genres est parfois étonnant, parfois dérangeant. Heureusement, il n'entache en rien la pertinence de ce documentaire, qui parvient à nous faire un peu rêver...

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Casablancas, l'homme qui aimait les femmes

Hubert Woroniecki

Sortie le 29 juin 2016

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