La Belle et la Bête, c'est peut-être l'une des histoires que je souhaitais le plus voir adaptées en film par Disney. C'est donc avec un grand plaisir que j'ai assisté à la projection de ce film lors du showeb de présentation des sorties Disney 2017. Après deux heures de film, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'esprit Disney est bel et bien là, pour le meilleur et pour le pire. De beaux decors, des beaux, des moches, des gentils et des méchants, quelques pincées d'humour et surtout de nombreuses chansons chorales, beaucoup de chansons ! Est-ce la vieillesse qui me guette ? J'ai en tout cas vite trouvé que les parties musicales ralentissaient le récit et finissaient souvent dans un boucan insupportable. Il est vrai qu'il n'y a pas beaucoup d'action dans cette histoire, mais inutile de meubler avec d'interminables chansons, qui ne font que coincer le film dans un carcan Disney plus franchement d'actualité !

Pour dépoussiérer le tout, Disney a heureusement usé d'autres stratagèmes mieux sentis : les scénaristes ont pris par exemple quelques libertés en incluant un personnage homosexuel (jamais énoncé comme tel mais suggéré de manière assez hilarante), ou en ajoutant quelques timides notes d'humour moderne. Ils auraient cependant pu selon moi pousser encore plus loin ces moments comiques ou ces clins d'oeil contemporains, d'autant plus que ceux-ci apportent presque tout le sel à cette histoire que l'on ne connait que trop bien.

[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement

Emma Watson est vraiment trop mignonne dans ce rôle de Belle, auquel elle apporte une forme de modernite et de fraîcheur. Active, libre et aussi séduite que seductrice, elle évite toute naïveté ou autres niaiseries et impose en douceur un tempérament attachant. Dans mon imaginaire, Belle apparaissait sous des traits de femme plus mature, plus sensuelle, mais je me suis facilement accommodée à cette proposition plus "teenage" et asexuée (désolée Emma, je sais que tu as 26 balais, mais tu ne les fais pas).

[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement
[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement

La galerie de personnages secondaires est très réussie. J'en profite pour ajouter que le mélange de prises de vue réelles et d'animation est un succès. La théïère et son fils "tasse", le chandelier, l'horloge, le piano et j'en passe, ces personnages animés sont mis en mouvements de façon magistrale et émeuvent par leurs expressions et leur sort. Idem pour la Bête, qui, lui, nous offre des moues tour à tour attendrissantes, effrayantes et ridicules (malgré lui) et souvent les trois à la fois. La scène où il réapprend à sourire pour ne plus effrayer la Belle est assez savoureuse.

[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement

Autre mention très positive, les décors, qui sont absolument somptueux et pour lesquels il semble que Disney n'a pas lésiné sur les moyens. Je pense notamment à celui du chateau, qui impressionne par sa richesse et sa complexité.

[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement
[Critique] La Belle et la Bête avec Emma Watson : quand Disney se lâche (trop) timidement

En résumé, une très belle réalisation, quelques touches d'audace malheureusement pas entièrement assumées, de bonnes interprétations, mais un scénario trop lisse et troooooop de chansons rasoirs. Un Disney qui veut s'émanciper, mais qui n'ose pas tout à fait !

La Belle et la Bête de Bill Condon
Avec Emma Watson, Dan Stevens et Luke Evans
Sortie le 22 mars 2017

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