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La femme qui danse de Marie-Claude Pietragalla, spectacle hybride

Peu connaisseuse du domaine de la danse, j'étais très curieuse d'aller découvrir le spectacle de Marie-Claude Pietragalla, créé pour célébrer plus de 40 ans de vie sur scène. Installée sur mon siège dans le magnifique théâtre de la Madeleine, je n'avais aucune idée de ce que j'allais voir une fois le rideau rouge levé. Je savais juste qu'il s'agissait d'un seul en scène, pari que je trouvais audacieux pour un danseur. Ce que j'ignorais encore, c'est que la danseuse y est aussi oratrice et actrice, et qu'elle est également l'autrice des textes. Bref, ce spectacle est donc très personnel, ce qui est appréciable en tant que spectateur.

Les premières minutes m'ont semblé étranges. J'ai été en effet gênée par le mélange des genres entre danse contemporaine, classique, humour, textes presque slamés (parfois un peu abstraits) et partage de souvenirs de carrière etc. Est-ce un spectacle autobiographique ? Une réflexion plus universelle ?, me suis-je demandée. La danseuse propose même un mini-cours de danse au milieu du spectacle. Ce n'est qu'un peu après que j'ai réalisé que c'était justement l'intention de Marie-Claude Pietragalla : proposer un spectacle inclassable, celui d'une femme qui danse, avec toutes ses facettes.

Le spectacle est en fait en plusieurs parties, délimitées simplement avec un jeu d'éclairages, pas de costumes et finalement peu de matériel : barre, tapis, tabouret etc. Ce minimalisme m'a plu. J'ai particulièrement aimé la séquence qui raconte sa rencontre avec la danse et certaines personnes qui ont changé sa vie comme Rudolf Noureev. En évoquant le danseur classique, chorégraphe et directeur de ballet russe, Marie-Claude Pietragalla montre ses talents d'imitatrice. Elle exprime également toute sa reconnaissance à son égard malgré la dureté du personnage. Son hommage à Patrick Dupond, disparu en 2021 est aussi l'un des moments les plus poétiques du seul en scène.

Je salue plus généralement la maîtrise de Marie-Claude Pietragalla qui ne semble jamais essoufflée durant la prestation, bien qu'elle associe mouvement et paroles. Son charisme est tel que l'on reste autant pendu à ses lèvres qu'à l'extrémité de chacun de ses gestes. L'authenticité de l'artiste transparaît également de façon évidente du début du spectacle, jusqu'à la fin des applaudissements, 1h15 plus tard.

Du 15 octobre au 4 décembre 2022
Les vendredis, samedis à 19h et dimanches à 14h30, en alternance avec La Leçon

 

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