A l'occasion de la sortie en DVD du film Toi, moi, les autres ce jour (1er septembre 2011), j'ai eu la chaaaance de rencontrer l'une des têtes d'affiche du film, le beau Benjamin Siksou ainsi que la jeune réalisatrice Audrey Estrougo. Un moment placé sous le signe de l'échange, la détente, et... de quelques révélations !

 

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Toi, moi, les autres, l'histoire :

Gab a une vie rangée : une fiancée, un mariage en préparation, une famille aisée. Leïla ne s’autorise pas à vivre la sienne : des études de droit, un petit frère turbulent, une maman partie trop tôt… Alors lorsque Gab renverse le petit frère de Leïla, c’est le choc des mondes et le début d’une grande histoire d’amour qui va se heurter violemment à la réalité.Tina, la plus proche confidente de Leïla est sans papiers, sous la menace d’une reconduite à la frontière et se fait arrêter. Alors que le monde de Leïla s’effondre, Gab est prêt à tout pour elle, même à s’opposer à son père, préfet de police. Et qui a dit que rien n’était impossible tant qu’on a de l’amour ?…

 

 

Audrey, comment est arrivée l'idée du scénario ?

A.E : Les producteurs de ce film voulaient produire une comédie musicale comme font les américains, où ça chante et ça danse. Ils m'ont présenté ça, je leur ai dit : "ça ne m'interesse par maintenant faire une comédie musical, je trouve ça intéressant pour plusieurs raisons" : il y a le défi purement artistique, c'était un exercice de style car en France [...], on le fait avec des moyens divisés par douze comparé aux américains ! Si je le faisais je voulais le faire a fond, une comédie musicale qui s'assume, avec des danseurs, des comédiens qui chantent vraiment. Et moi ça ne m'interesse pas de faire des films qui ne servent a rien. Je voulais parler des sans papiers précisément, ouvrir la problématique au public le plus large possible et le traiter différemment de ce qu'on fait au cinema habituellement.

 

 

Quel public était visé avec ce film ?

A.E : A la base, je voulais toucher tout le monde, je ne me suis pas mise de barrière en ce qui concerne le public visé.Mais ce n'est pas un film de vieux, je l'ai écrit à 24 et tourné à 25 ans !

 

 

Quelles ont été vos inspirations pour les diffèrents tableaux chorégraphiques du film ?

j'ai regardé beaucoup de comédies musicales, j'ai essayé de m'approprier les codes du genre pour parfois m'en détacher ! Je ne voulais pas faire du clip !

 

Et le choix des chansons ?

Je voulais que les gens connaissent tous les morceaux et je voulais utiliser mes tableaux musicaux comme des scènes de dramaturgie classiques. Les paroles remplacent les dialogues et me permettent de faire avancer la scène tout en gardant l'émotion voulue, c'était le critère unique du choix des morceaux ! Moi qui ai une culture d'huître en chansons françaises, j'ai écouté Nostalgie et je suis allée à la médiathèque écouter 20 millions de disques ! Je faisais ma playlist des trouvailles de la semaine, j'allais voir ma mère, si elle ne connaissait pas la chanson, je disais "on va en mettre une autre" ! J'avais vraiment envie que les chansons parlent à tout le monde !

 

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Benjamin, qu'est ce qui a fait que tu t'es présenté au casting de Toi, moi, les autres ?

B.S : je passe beaucoup de castings, c'est ce qui m'a permis de me former. Et puis j'avais vu le premier film d'Audrey "Regarde moi" avant de le passer. [...] c'est un film de caractère, il y  a une fougue dedans, ça m'a beaucoup plu donc j'avais hâte de rencontrer Audrey. Travailler avec Audrey était le nerf de la guerre !

 

Gabriel est un personnage qui te ressemble ?

B.S :  A priori non mais il y a certains aspects dans l'indécision par rapport à sa vie, ce qu'il veut faire...Je suis moins branleur et indécis que Gabriel mais je m'y suis retrouvé de temps en temps !

 

Comment as-tu interprété ce personnage (un peu fils à papa) sans être trop caricatural ?

Il fallait le ramener à moi, créer son identité, son passé, comment il réagit...Moi je cherchais des "trucs d'acteurs" mais Audrey n'a pas arreté de me dire d'oublier ça et d"aller au fond" de moi. On n'a jamais été dans la performance mais plus dans l'émotion.

 

La scène du toit (LA scène romantique du film), comment l'avez-vous travaillée ?

A.E : On avait deux jours pour la tourner, après six mois de répét' ! J'avais mis un point d'honneur à ce qu'ils (benjamin et Leïla Bekhti) ne repètent pas ensemble car dans le scénario, ils ne se connaissent pas avant ! Je voulais garder cette fraicheur.

 

B.S : J'ai beaucoup moins répété avec Leïla qu'avec Cecile (Cassel) alors que j'ai plus de scènes avec Leila ! [...] Et cette scène du toit, on a tout gardé d'un plan. Il y avait en même temps la danse, le chant, des mouvements de caméra particuliers, ça a été galère mais c'est un des souvenirs les plus marquants ! On a eu du mal a en redescendre, à dormir la nuit !

 

Extrait du Making of présent dans le DVD :

 

 

 

Benjamin, es-tu devenu un meilleur danseur grâce au film ?

J'ai adoré faire ça mais je me suis pas trop entraîné depuis ! Mais j'ai vraiment adoré c'était vraiment drôle !

 

Quel accueil a reçu Toi, moi, les autres ?

 A.E : En province, il y a eu un accueil dithyrambique, les gens étaient très touchés, j'étais satisfaite car avant beaucoup ignoraient  ce que voulait dire être sans papier aujourd'hui. J'étais contente de leur permettre de s'intéresser à cette problématique.

 

Le plus beau compliment qu'on vous ait fait sur le film ?

A.E : "Votre film devrait être remboursé par la sécu, il fait du bien !"

B.S : Ah oui, ça c'était pas mal !

 

Benjamin, quels sont tes projets pour l'avenir ?

B.S : J'ai un projet qui lie musique et cinéma, et toujours mon album en préparation. Je donne aussi des concerts tous les mois à Paris, je teste des nouveaux morceaux donc que du live en ce moment  !

 

Et au cinéma ?

J'ai encore plein de trucs à faire, à apprendre, j'attends les projets. Je ne suis pas encore rassasié

 

Audrey, pour un prochain film, est ce que tu comptes faire le même genre ?

Non non non [rires] !

 

Et transposer le film sur les planches ?

ça m'a un peu traversé l'esprit mais je me suis dit qu'il fallait que je passe à autre chose, [...] faut tourner la page, c'est quand même trois ans de sa vie ! mais...je suis titillée par des envies de mises en scène  musicales ! [...] J'ai aussi un projet de film...avec Benjamin Siksou !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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