L'histoire :

Un couple se dirige vers un train en partance pour Venise. Sur le quai, Julien annonce à Marie, qu'il part en rejoindre une autre, et s'en va la laissant seule, enceinte. Bouleversée, Marie se refuse d'emblée à être victime de cette situation. Elle trouve réconfort dans son travail auprès de ces deux « cowboys » de patrons, Jean-Jacques et Jean-Loup, qui dirigent un cinéma du quartier latin, spécialisé dans les films classiques américains.

 

J'avais entendu dire une fois à la radio que le jeu des acteurs était très diffèrent au théâtre et au cinéma. Au théâtre, le comédien doit aller chercher les spectateurs par ses gestes, sa voix, au cinéma par contre, c'est la caméra qui "va chercher" les acteurs et capturer les émotions pour les transmettre aux spectateurs. Nul besoin d'en faire trop, juste de ressentir. Cette réflexion m'est revenue dès les premières secondes du film Belleville Tokyo.

 

 

Les deux acteurs principaux semblaient tout droit sortis d'une pièce de théâtre. Une mauvaise pièce de théâtre que les caméras ne rendent que plus vide de sens. Je suis dure car après avoir lu les critiques presse de ce film, je remarque que certaines sont très bonnes...Comment ai-je pu passer à côté des qualités de ce film ? Je n'aime pas particulièrement faire ma rabat-joie, mais je me dois de dire la vérité : je n'ai pas passé un super moment devant Belleville Tokyo.

 

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J'ai eu l'impression de regarder un film à  tout petit budget, un film à la façon "artisanale". Je ne sais d'ailleurs pas si c'est le cas, mais à la limite peu importe ! Certains films réalisés avec peu de moyens sont largement sauvés par des idées et un scénario original, mais pour Belleville Tokyo, il n'en est rien. Non pas que l'idée de suivre un couple dans ses derniers instants soit mauvaise, loin de là, mais lorsqu'on relève le pari de faire commencer l'histoire où celle des protagonistes se termine, on se doit d'être juste.

 

Les critiques presse que j'ai lues s'accordent souvent à dire que la complicité des deux personnages principaux crève l'écran. Personnellement, je ne le pense pas et pense même plutôt le contraire. Le jeu de Jérémie Elkaïm et Valérie Donzelli sonne faux dès le début, on n'y croit pas.

 

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Les deux acteurs ne semblent pas habités par leur personnage. Du ton de la voix à la façon de s'exprimer, des gestes aux regards, rien n'arrive à nous emporter. Les répliques sont maladroites, parfois absurdes, comme lorsque Marie fond en larmes dans les bras de sa mère et que celle-ci s'inquiète à tort pour le bébé "C'est un mongolien ?", ou que Julien pas prêt à assumer l'enfant s'interroge "on le mettra où? ". C'est gros, ça manque fortement de subtilité et pour un film censé montrer la complexité d'une relation sur sa fin et le contraste des sentiments, j'ai trouvé cela tout simplement raté.

 

Pardon Elise Girard, attachée de presse de son métier, pour qui Belleville Tokyo est le premier film en tant que réalisatrice !

 

 

 

 

 

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