Le cinéma, certains y vont pour se détendre, d'autres pour ressentir des émotions rares. Si le premier groupe passera son chemin, le second ira voir l'Etrangère.

 

L'étrangère, C'est l'histoire d'Umay, une jeune femme de 25 ans, mère d'un petit garçon extrêmement attachant,  qui quittera un mari violent, cherchera sa place ailleurs et ne la trouvera jamais plus. 

C'est l'histoire d'une famille turque qui choisit sa réputation au sein de sa communauté au détriment d'une des leurs. Parce qu'elle les a déshonorés. Du moins à leurs yeux. Car aux "notres", Umay n'est pas coupable mais victime.

 

J'en suis ressortie "retournée".

Non pas que j'ai appris qu'une fille de mon âge pouvait être rejetée des siens pour des raisons absurdes à coups d'arguments traditionnels et moyenâgeux . ça je le savais. Et c'est flippant . On peut rejeter et aimer. Aimer et rejeter. Faire abstraction des liens maternels, paternels et fraternels...Oublier. Faire taire la petite voix qui nous crie parfois que ça n'est pas juste. Au nom de quoi ? De la fierté et de la peur. Peur d'être rejeté soi-même par sa communauté. Peut-être cela aurait été plus "acceptable" s'il n'y avait pas d'amour du tout.

 

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Pendant tout le film, on se demande jusqu'où ira l'injustice et elle va loin, très loin, beaucoup plus loin que ce que j'avais imaginé. On aimerait aider Umay et son adorable petit garçon Cem, leur dire qu'ils ont raison de se protéger, de se battre envers et contre tous. Même si on comprend le déchirement que cela représente et même si la contrepartie est énorme et frise l'impensable.

Dur de ne pas en dire trop sur le dénouement de l'histoire.

Peut-être juste dire qu'elle nous laisse dans un état de stupeur très rare et touche du doigt un tabou que peu osent mettre en scène.

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Seul bémol du film : il a tendance à montrer des allemands courageux qui accueillent, protègent, sécurisent (le film se passe en grande partie en Allemagne) et des turcs lâches qui rejettent et frappent (même s'ils aiment). Malgré les nuances dûes à la complexité psychologique de certains personnages, cette dichotomie m'a parfois gêné, sans pour autant discréditer le film à mes yeux.

 

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L'étrangère est un premier film pour Feo Aladag, comédienne et dorénavant réalisatrice autrichienne, témoin des crimes d'honneur perpétrés en Allemagne ces dernières années. Je salue très sincérement son travail ainsi que l'interprétation de TOUS les acteurs du film et notamment celle de l'actrice principale Sibel Kekilli. Je ne le répeterai jamais assez : ce film est poignant. Allez le voir !

 

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