Avant première de Ma compagne de nuit au Majestic de Lille à 20h en présence d'Emmanuelle Béart et d'Isabelle Brocart.

 

Première surprise, il s'agit d'un tout premier film. Pas pour Emmanuelle Béart qui y joue l'un des rôles principaux et qui a une cinquantaine de films à son actif, mais pour Isabelle Brochart, la jeune réalisatrice. Je suis agréablement surprise d'apprendre que la célébrissime Emmanuelle Béart ait accepté de participer à ce projet. Elle qui doit être très convoitée, et ce par des réalisateurs plus médiatiquement reconnus les uns que les autres, a choisi de faire confiance à une jeune novice.  C'est que le scénario doit être très très bon ! Pourtant, à la lecture du synopsis, le scénario de Ma compagne de nuit me semble assez simpliste :

 

"Julia, architecte en apparence comblée, décide d'employer une aide ménagère. Mais la jeune fille comprendra très vite que Julia est atteinte d'un cancer en phase terminale et a besoin de compagnie pour finir ses jours. Un lien puissant et profond va peu à peu unir les deux femmes qui partageront ensemble ces derniers moments de vie..."


La jeune "aide ménagère" est incarnée par Hafsia Herzi, connue pour son rôle dans le très remarqué film La Graine et le mulet.

 

Alors, Ma Compagne de nuit, à voir ou à éviter ?
A voir et revoir ! J'avoue avoir eu un peu peur au début, notamment lors du premier quart d'heure. J'ai vite compris que  tout allait reposer sur la prestation des deux héroïnes, Julia et Marine, personnages autour desquels le film gravite . Mais comme toutes les deux sont remarquables, on se dit finalement que le pari était osé et on prend vraiment le temps de les "connaître" dans toutes leurs contradictions, souffrances et intimité.
Aborder le thème de la maladie, et notamment du cancer demande une vraie justesse. Isabelle Brocart nous l'explique après la projection du film, elle a choisi la pudeur, et non les torrents de larme. L'héroïne est certes très malade mais elle a encore envie de rire, d'aimer.

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"La pudeur, c'était la moindre des choses"
La réalisatrice a choisi également d'éviter les tabous, et donc de montrer la souffrance, le laisser aller physique et la mort, pour ne pas "mentir". On imagine quel travail a du fournir Emmanuelle Béart pour incarner avec autant de réalisme une femme atteinte d'un cancer généralisé en phase terminale. L'actrice s'est renseignée, rapprochée d'unités de soins palliatifs, s'est rasée les cheveux et a perdu 10 kg pour le rôle. "Les gens pensaient que j'étais malade" dit-elle. "Je continuais à marcher dans la vie comme je marche dans le film pour ne pas perdre le fil". Bref on imagine à quel point ce rôle a du être éprouvant pour elle. Pourtant, celle qui a voulu "donner la vie à Julia et pas la mort" affirme ne s'être jamais sentie "aussi lourde", comprenez aussi "pleine".

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Emmanuelle Béart , face à la salle, regrette l'absence de sa partenaire Hafsia Herzi, et avoue se sentir un peu "seule". C'est que les deux femmes ont eu une relation privilégiée lors du tournage. Hafsia était pour Emmanuelle Béart une "partenaire incroyable de maturité et de sensualité. Elle a un rapport au corps qui était essentiel pour le rôle".

Eh oui, car le rapport à son propre corps et au corps de l'autre est probablement le fil conducteur de l'histoire, ce qui relie les personnages et les fait se ressembler malgré toutes leurs différences.
Marine, interprété par Hafsia Herzi est au départ une inconnue pour Julia, mais va lui devenir très familière. Finalement, ce sont deux personnes étrangères à sa famille, Marine et son médecin, qu''elle va choisir pour l'accompagner vers la fin de sa vie, une des particularités du scénario qui a séduit Emmanuelle Béart.

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