[Critique] Steve Jobs, de Danny Boyle : un film bavard

Hier, j'ai découvert qu'un grand calme régnait au Cour Saint-émilion le dimanche matin, et que le cinéma UGC Bercy, dont on m'avait dit beaucoup de bien était effectivement très agréable. J'y suis allée voir Steve Jobs, le deuxième biopic sur le "génie" d'Apple, avec Kate Winslet et Michael Fassbender.

Premier constat : je suis fan de Kate Winslet, son jeu, sa sensibilité, sa beauté naturelle et "caractérielle". Dans ce film, elle joue le rôle de Joanna Hoffman, l'assistante de Steve Jobs, qui est en réalité la seule personne que ce dernier a tolérée à ses côtés. On savait Steve Jobs impitoyable, mais ici, c'est comme un homme complètement coupé de ses émotions qu'il est présenté. Coupé de ses ressentis et donc hermétique à ceux des autres, ou presque. Car on le voit tout de même déstabilisé et touché à plusieurs reprises par sa fille Lisa, celle-là même dont il prétendait ne pas être le père lorsqu'elle était enfant.

Le film montre également bien le grand perfectionnisme de l'homme, qui frise l'obsession voire la folie. Un souci des détails extrême qui l'a visiblement autant mis en danger que porté loin. J'avoue m'être plus intéressée à la psychologie du personnage qu'à ses prouesses technologiques, mais j'ai regretté qu'une telle personnalité ne donne pas un film plus fort, plus déchirant, plus palpitant. Steve Jobs était toujours sur le fil, et j'aurais aimé sentir plus de dangers, de ruptures. Décor, personnages, tout est un peu froid, et cela manque un peu de passion, mais peut être est-ce à l'image du héros finalement ?

J'ai trouvé le film extrêmement bavard, donc si vous décidez comme moi d'aller le voir en VO sous-titrée, armez vous de courage et d'une bonne paire de lunettes pour ne pas rater une miette des dialogues incessants. La caméra se déplace également beaucoup, en suivant les personnages dans leurs nombreuses traversées de couloir. Une manière, je pense, de montrer que tout allait à mille à l'heure dans l'esprit de Jobs, qui ne s'accordait jamais vraiment de répit...

Réalisé par Danny Boyle

Sortie le 3 février 2016

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