Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent mérite-t'il son César ?

Vous l'avez sûrement vu comme moi : Demain, le documentaire de Cyril Dion et Melanie Laurent a reçu le César du meilleur documentaire de l'année vendredi soir. Il faut dire que ce film connaît un beau succès depuis sa sortie, un VRAI succès, pas un buzz qui retombe comme un soufflé mais un succès qui se construit avec le temps, grâce à un bouche à oreille positif.

La veille des Césars, encouragée par les beaux compliments entendus à son sujet, je voyais (enfin) ce documentaire au cinéma, l'occasion pour moi de vous en parler un peu. A la question "ce film mérite t'il sa récompense ?", je répondrais sans hésitation oui. D'abord parce qu'il nous fait réfléchir, repenser nos habitudes de vie, sans nous culpabiliser. Ce film ne parle pas que d'environnement, mais de consommation, d'éducation, de choix de vie, au sens plus large. Loin de tomber dans un idéalisme abstrait, il nous présente des cas concrets, réalisables, qui infirment complètement l'idée qu'il est "trop tard".

Vous vous dites peut être que tout cela est bien beau, mais un peu trop chiant pour faire l'objet d'un documentaire grand public. Eh bien non, Demain réussit le pari d'être intéressant et technique tout en étant agréable à regarder. D'abord parce que chaque concept est vulgarisé, comme s'il était expliqué à un enfant, sans pour autant en devenir niais ! Et cela en grande partie parce qu'il est incarné, par Melanie Laurent et Cyril Dion, partis en quête de réponses sur le terrain, comme de vrais détectives démarrant l'enquête à zéro ou presque. Les deux réalisateurs découvrent en même temps que nous, interrogent, soulèvent les incohérences et ainsi nous embarquent avec eux.

Visuellement, c'est à la fois très "brut" et très travaillé, réaliste et poétique. Les images sont belles, meme celles de déchets... qui d'ailleurs n'en sont pas vraiment puisqu'on nous explique qu'ils peuvent être recyclés en compost pour les cultures. Cette esthètique porte également en elle le parti pris des réalisateurs : ici pas de catastrophisme, mais de la beauté et de l'espoir concret partout autour de nous.

Et je ne peux pas parler de ce documentaire sans parler de la bande originale qui magnifie les images en insufflant une ambiance "contemplative" et/ou joyeuse. Elle est signée Fredrika Stahl, une artiste suédoise que j'aime beaucoup et que j'avais eu l'occasion de rencontrer dans le cadre d'une interview il y a quelques mois. Ce film est encore à l'affiche dans certains cinémas, alors dépêchez-vous d'aller le voir, c'est un conseil d'amie !

Retour à l'accueil