Nous trois ou rien, le bel hommage de Kheiron à ses parents

Le premier film de l'humoriste Kheiron remporte un beau succès critique depuis sa sortie. Et c'est plutôt mérité, rien que pour l'exploit de rendre un pan de l'histoire de l'Iran accessible à tous et attractif. Autre vraie qualité : ce mélange des genres, entre comédie, tragédie, film social et historique. Un peu indigeste durant la première demi-heure, qui donne presque l'impression d'une parodie, ce mélange explose ensuite et nous arrache larmes, rires et frissons.

L'histoire de Hibat est profondément incarnée, d'abord parce que Kheiron, son interprète, joue ici le rôle de son propre père et nous raconte l'histoire de sa famille, celle qui fait une partie de ce qu'il est aujourd'hui. Ce rapport affectif rend les personnages particulièrement attachants et le scénario enthousiasmant.

Malgré tout, j'ai eu l'impression d'un manque de fluidité dans les différentes parties du film correspondant chacune à une phase de la vie de Hibat et sa femme Fereshteh. C'est un peu comme s'il y avait deux ou trois films en un, et que même si les deux derniers sont très réussis, il manquait un fil conducteur.

Dommage, car avec une vraie direction et un propos plus clair, on aurait été selon moi pas loin d'une vraie réussite. Mais ne vous vous y trompez pas, ce film possède de grandes qualités, à commencer par de beaux moments d'humour et un sens aiguisé de la formule efficace. Mention spéciale pour Leila Bekhti, aussi crédible dans la légèreté que dans le déchirement.

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