Retour à Montmartre, ou comment retomber amoureux d'un quartier

Il y a des endroits de Paris que l'on finit par éviter parce qu'ils sont trop touristiques, trop fréquentés, trop exploités pour paraître encore vivants. Montmartre était devenu l'un de ceux-là pour moi. Trop de marchands de souvenirs, trop de portraits de rue à vingt euros, trop de files d'attente devant le Sacré-Coeur. Et puis un matin de septembre, j'y suis retournée — et j'ai tout vu autrement.

Le Montmartre qui se cache

La clé, c'est de quitter les axes principaux et de s'enfoncer dans les ruelles qui grimpent vers les vignes. La rue Lepic à l'heure où les cafés ouvrent, le marché rue des Abbesses encore désert, le passage des Abbesses avec ses escaliers couverts de lierre : ce Paris-là n'a rien perdu de son charme discret et provincial. Les voisins se disent bonjour, les chats dorment sur les rebords des fenêtres, le village dans la ville existe encore.

Les vignes de Montmartre, situées dans la rue des Saules, sont un anachronisme délicieux. Quelques rangées de ceps accrochées à la colline, produisant chaque automne un vin confidentiel vendu aux enchères au profit de la mairie du 18e. Ce geste symbolique de résistance végétale au milieu de la ville est l'un des plus parisiens qui soit.

La vue sur Paris depuis le parvis du Sacré-Coeur, à l'aube avant que les touristes n'arrivent, reste l'une des plus belles de la capitale. La ville qui s'étend à l'infini sous la lumière rasante du matin, les toits de zinc, la Tour Eiffel au loin : un spectacle gratuit et inépuisable. Montmartre m'a reconquise — il n'en fallait pas plus qu'un matin tranquille pour y croire à nouveau.

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