Incarner Marilyn Monroe au cinéma est l'un des défis les plus périlleux qui soit. La star est tellement mythifiée, tellement surexposée dans la mémoire collective, qu'il est presque impossible d'en proposer une version cinématographique sans tomber dans la caricature ou la dévotion hagiographique. Michelle Williams parvient à l'impossible avec une grâce troublante.
Michelle Williams, au-delà de l'imitation
Ce qui est extraordinaire dans la performance de Michelle Williams, c'est qu'elle ne copie pas Marilyn. Elle la réinvente de l'intérieur, en cherchant la femme derrière l'icône — la vulnérabilité, les peurs, la luminosité brisée d'une personne qui ne savait pas être ce que le monde attendait d'elle. Chaque scène révèle un aspect différent de ce personnage complexe avec une précision qui force l'admiration.
Le film de Simon Curtis se déroule pendant le tournage du Prince et la Danseuse en 1956. Le jeune assistant de production Colin Clark, joué par Eddie Redmayne, se retrouve à accompagner une Marilyn fragile et magnétique pendant une semaine miraculeuse. Ce point de vue latéral, celui d'un observateur épris et impuissant, est le bon angle pour raconter l'histoire sans trahir la complexité du personnage.
My Week with Marilyn est un hommage lucide à une femme que le monde a aimée jusqu'à l'étouffer. Il parle de la solitude des célébrités, du décalage entre l'image publique et la personne réelle, de ce que coûte d'être un symbole pour des millions de gens. Michelle Williams a obtenu une nomination aux Oscars méritée pour une performance qui restera dans les mémoires — une des plus belles incarnations cinématographiques de ces dernières décennies.









