Adapter Stephen King au théâtre est un défi vertigineux. Misery — ce roman de l'enfermement et de la folie — semblait pourtant taillé pour la scène : deux personnages, un huis clos, une tension qui ne faiblit jamais. Avec Myriam Boyer dans le rôle d'Annie Wilkes, la pièce acquiert une dimension supplémentaire, celle d'une actrice qui habite ses personnages jusqu'à l'os.
Myriam Boyer, une Annie Wilkes absolument terrifiante
Annie Wilkes est l'un des grands monstres de la littérature américaine. Pas un monstre de légende, mais un monstre ordinaire — une femme seule, obsessionnelle, capable d'amour et de violence dans le même souffle. Myriam Boyer en fait une créature à la fois grotesque et profondément humaine, ce qui est bien plus effrayant que la caricature. Ses yeux, ses silences, ses explosions de colère soudaine créent une atmosphère de terreur sourde.
Face à elle, l'acteur qui incarne Paul Sheldon, l'écrivain prisonnier, joue la terreur et la résistance avec une subtilité réelle. La pièce est rythmée par des montées de tension savamment dosées, des moments de calme trompeur qui rendent les éclats suivants encore plus dévastateurs. La mise en scène tire le meilleur parti d'un espace scénique réduit pour créer un sentiment de claustrophobie permanent.
Voir Misery au théâtre autour d'Halloween est une idée parfaite pour ceux qui cherchent une soirée qui sort de l'ordinaire. On ressort de la salle le coeur encore un peu serré, les nerfs à fleur de peau, et avec une admiration sincère pour Myriam Boyer, dont la performance restera longtemps dans les mémoires. Un grand moment de théâtre en chair et en os.









