Certains films laissent une empreinte durable, bien après que le générique de fin ait défilé. Border, réalisé par le cinéaste suédois Ali Abbasi, est de ceux-là. Adapté d'une nouvelle de John Ajvide Lindqvist — le même auteur que Morse — ce long-métrage oscille entre conte nordique et thriller psychologique avec une maîtrise troublante.
Une plongée dans l'identité et la différence
L'héroïne, Tina, douanière dotée d'un flair surnaturel, vit à l'écart du monde des hommes. Sa laideur assumée, sa communion avec la nature et ses capacités hors du commun en font un personnage fascinant. Quand elle croise la route d'un inconnu qui lui ressemble étrangement, tout bascule. Border devient alors une réflexion bouleversante sur l'altérité et l'appartenance, sur ce qui nous définit comme humains ou comme autre chose.
Ali Abbasi filme la forêt suédoise avec une beauté brumeuse qui colle parfaitement à l'atmosphère de son récit. Les acteurs, Eva Melander en tête, livrent des performances physiques et émotionnelles remarquables. On est d'abord déstabilisé, puis aspiré, enfin ému par une histoire qui refuse toutes les facilités du genre. Le film questionne l'identité sexuelle, la violence enfouie et la liberté d'être ce que l'on est vraiment.
Primé à Cannes dans la section Un Certain Regard, Border a suscité autant d'enthousiasme que de malaise — ce qui est souvent le signe des grandes oeuvres. Si vous aimez les films qui vous dépaysent véritablement, qui osent l'insolite sans jamais perdre leur humanité, ce long-métrage nordique et singulier mérite largement le détour. Préparez-vous à une expérience de cinéma peu ordinaire.









