Mignonnes, le regard juste de Maïmouna Doucouré sur l'adolescence

Mignonnes est le genre de film qui dérange parce qu'il dit la vérité. Réalisé par Maïmouna Doucouré, ce premier long-métrage suit Amy, 11 ans, fille de famille sénégalaise et musulmane à Paris, qui rejoint un groupe de danseuses afin de trouver sa place entre deux cultures. Le film a fait l'objet de polémiques souvent mal informées, mais ceux qui l'ont vu savent qu'il s'agit d'une oeuvre à la fois tendre et lucide.

Un film sur la pression que subissent les jeunes filles

Ce qui rend Mignonnes précieux, c'est son regard sans jugement ni complaisance. Doucouré ne glorifie pas la hypersexualisation précoce — elle l'expose, la dissèque, en montre les mécanismes et les dégâts. Amy cherche à exister par tous les moyens que lui offre son environnement : la danse, les réseaux sociaux, l'imitation des adultes. C'est douloureux et reconnaissable à la fois.

Les jeunes actrices sont époustouflantes de naturel. Fathia Youssouf, dans le rôle principal, porte le film avec une maturité et une fragilité rares pour son âge. La réalisatrice filme les corps et les visages avec une attention bienveillante qui refuse le voyeurisme. Ce n'est pas un film sur la danse, c'est un film sur la construction identitaire dans un monde qui n'épargne pas les enfants.

Maïmouna Doucouré a reçu le prix de la mise en scène à Sundance, et son film a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars. Mignonnes mérite d'être vu et discuté, loin des polémiques de mauvaise foi. C'est une oeuvre courageuse et nécessaire, qui fait confiance au spectateur pour comprendre la nuance là où d'autres préfèrent la caricature.

Derniers articles

Articles qui pourraient vous intéresser