Les premiers films ont parfois une fraîcheur que les suivants, avec leurs budgets et leurs attentes plus grands, perdent en route. Belleville-Tokyo, premier long-métrage d'Élise Girard, a cette qualité précieuse d'une oeuvre née d'une vision personnelle et assumée, sans compromis commerciaux apparents.
Paris et Tokyo, deux villes qui se répondent
Le film raconte l'histoire d'une femme parisienne qui rencontre dans le quartier de Belleville un homme japonais récemment arrivé en France. Entre eux s'établit une relation faite de malentendus, de silences éloquents et d'une attirance qui dépasse les barrières culturelles. La réalisatrice filme cette histoire avec une pudeur et une délicatesse qui évoquent le cinéma de Kore-eda ou de Ozu — une influence revendiquée.
Ce qui frappe dans Belleville-Tokyo, c'est la qualité de l'attention portée aux détails. La façon dont les espaces deviennent des personnages à part entière — les rues de Belleville avec leur mélange de cultures, les appartements exigus où se nouent les intimités — révèle une cinéaste à la sensibilité visuelle développée. Chaque plan est pensé, chaque silence choisi.
Le film n'est pas parfait — certaines scènes traînent un peu, le rythme peut décontenancer les habitués des comédies romantiques traditionnelles. Mais ses imperfections font partie de son charme. C'est un film artisanal et sincère, porté par deux acteurs justes et une musique douce qui accompagne l'ensemble avec discrétion. Un premier film prometteur et attachant.









