Le cinéma italien a cette capacité rare de parler de la vie ordinaire avec une intensité qui rend les films extraordinaires. La Prima cosa bella de Paolo Virzì en est une belle démonstration. Ce film, qui plonge dans les souvenirs d'une famille toscane autour d'une mère flamboyante et imparfaite, atteint une vérité émotionnelle qui reste longtemps après le générique.
Une mère comme personnage universel
Anna, la mère du film, est l'une de ces femmes qui débordent la vie — trop belle, trop imprudente, trop vivante pour rentrer dans les cases de la respectabilité provinciale. Ses enfants adultes, réunis à son chevet alors qu'elle approche de la fin, revisitent leur enfance avec elle à travers des flashbacks qui mêlent le rire et la douleur. La structure narrative en aller-retour entre présent et passé est d'une efficacité redoutable.
Micaela Ramazzotti dans le rôle de la jeune Anna est éblouissante de vitalité et de grâce maladroite. Elle compose un personnage qui éclate littéralement l'écran, dont la présence irradie chaque scène. Virzì la filme avec un amour manifeste qui se lit dans chaque cadrage. On comprend que ses enfants l'aient aimée et fuie en même temps — c'est précisément ce paradoxe qui donne au film sa profondeur.
La Prima cosa bella est le genre de film que l'on recommande à tous ceux qui ont un jour eu une mère compliquée — c'est-à-dire à peu près tout le monde. Il parle de l'amour filial imparfait, de la réconciliation posthume, de ce qu'on comprend des gens trop tard. Un film magnifique et déchirant, comme la vie.









