Le mensonge et ses presque bonnes raisons : portrait d'une pratique universelle

Tout le monde ment. Cette vérité que la morale commune cherche à occulter est pourtant une réalité anthropologique avérée. Les enfants commencent à mentir très tôt — c'est même considéré comme un signe de développement cognitif normal. Les adultes raffinent la pratique avec les années. Voici dix raisons pour lesquelles nous mentons — certaines moins défendables que d'autres.

Les mensonges qui huissent

Le mensonge blanc d'abord : "Tu es très bien dans cette robe" quand ce n'est pas tout à fait vrai. Ce mensonge-là est une forme de protection affective de l'autre. On évite de le blesser inutilement. Il y a une générosité dans ce choix, même si les puristes de la vérité absolue n'en voudraient pas. Le mensonge par omission ensuite — ne pas dire quelque chose que l'on sait, parce que le dire causerait plus de mal que de bien. Ce n'est pas faux, c'est juste incomplet.

Vient ensuite le mensonge de politesse sociale — "Je suis navré, j'ai un autre engagement ce soir-là" quand on a juste envie d'une soirée seul chez soi. La société fonctionne sur un réseau de petites fictions consenties qui lubrifient les rapports humains. En supprimer trop brutalement produirait davantage de frictions que de clarté.

Les raisons moins avouables existent aussi, bien sûr. On ment pour se protéger, pour éviter les conséquences d'une vérité embarrassante, pour maintenir une image de soi que la réalité démentit légèrement. Ces mensonges-là méritent d'être regardés en face — pas pour se juger, mais pour comprendre nos propres mécanismes de défense. Le mensonge révèle autant sur nous que la vérité que nous cachons.

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