Beginners de Mike Mills est l'un de ces films rares qui parlent de la mort et du deuil avec une légèreté lumineuse qui n'a rien de superficiel. Ce long-métrage, en partie autobiographique, suit Oliver, graphiste qui apprend après la mort de son père que celui-ci était homosexuel et avait vécu ses dernières années dans une liberté et une joie qu'il n'avait jamais connues auparavant.
Christopher Plummer, le père qui se réinvente à 75 ans
La performance de Christopher Plummer dans le rôle du père est l'une des plus belles de sa longue carrière. Il incarne Hal avec une légèreté de vivre et une vitalité nouvellement découverte qui sont bouleversantes précisément parce qu'elles sont tardives. Savoir qu'il est inspiré du vrai père du réalisateur rend ces scènes encore plus précieuses et émouvantes. Il a remporté l'Oscar du meilleur second rôle pour ce rôle, récompense pleinement méritée.
Ewan McGregor, dans le rôle du fils, joue la douceur et la mélancolie avec sa précision habituelle. Sa relation avec une actrice française rencontrée après la mort de son père — jouée par Mélanie Laurent, décidément présente dans notre cinéma — est traitée avec une retenue et une tendresse qui sont la marque du film tout entier. Mike Mills filme l'amour naissant comme quelque chose de fragile et précieux qu'il faut approcher sans bruit.
Beginners est une oeuvre sur les commencements — ceux qui interviennent à n'importe quel âge, n'importe quelle étape de la vie. Une invitation à regarder ce que l'on n'a pas encore osé regarder, à commencer ce que l'on a toujours remis. Un film doux, profond et infiniment attachant.









