Poupoupidou est une de ces tentatives de cinéma d'auteur populaire qui méritent d'être soutenues même quand elles n'atteignent pas tout à fait leur cible. Gérald Hustache-Mathieu transpose le mythe Marilyn Monroe dans la grisaille franche-comtoise avec une audace conceptuelle réelle — une blonde platine sexy dans un contexte de petite ville de province enneigée — mais l'ensemble ne décolle jamais vraiment.
Une idée prometteuse qui peine à s'accomplir
Sophie Quinton dans le rôle de Candice Lecoeur — la Marilyn locale — fait ce qu'elle peut avec un personnage écrit de façon inégale. Elle a la présence physique, le charme, et quelques scènes où l'on entrevoit ce que le film aurait pu être avec un scénario plus serré. Le problème vient surtout du rythme : le film hésite entre le polar, la comédie et le drame sans trouver l'équilibre qui ferait tenir ces genres ensemble.
Jean-Paul Rouve, dans le rôle d'un écrivain parisien en panne d'inspiration qui enquête sur la mort mystérieuse de Candice, apporte une touche d'humour pince-sans-rire qui allège l'atmosphère dans les bons moments. La Franche-Comté photographiée en hiver a une beauté froide et mélancolique qui sert bien l'ambiance générale. Ce sont des éléments positifs, mais ils ne suffisent pas à sauver un film qui s'éparpille.
Poupoupidou n'est pas un mauvais film — c'est un film qui ne réalise pas son potentiel. L'idée de départ était bonne, certaines séquences fonctionnent vraiment bien, et les acteurs sont engagés. C'est dans la construction d'ensemble que les faiblesses se font sentir. Un rendez-vous légèrement manqué, mais qui témoigne d'une ambition artistique réelle et respectable.









